La gouvernance partagée : un mode de fonctionnement émergent en entreprise
De quoi parle-t-on lorsqu’on évoque la gouvernance partagée ?
Nous pourrions théoriser sur quelques pages le concept de sociocratie appelé aussi gouvernance partagée, développé par Auguste Comte, un philosophe français du début du XIXe siècle, mais, passons-nous pour le moment de théorie.
Un exemple illustrera à la perfection ce concept : imaginez que vous êtes avec un groupe d’amis et que vous voulez faire une pizza ensemble. Tout le monde est enthousiaste à l’idée de la pizza, mais personne ne sait comment la faire. Si chaque personne essaie de faire sa propre version de la pizza, cela pourrait rapidement devenir chaotique et aboutir à une pizza qui ressemble à une création de Frankenstein.
C’est là que la gouvernance partagée entre en jeu.
Ce système de prise de décision collective permet à chaque personne de participer de manière égale et de prendre en compte toutes les opinions. En utilisant ce système, chacun a sa voix à faire entendre et peut contribuer de manière significative à la prise de décision finale.
Revenons à notre exemple de pizza. Si vous utilisez la gouvernance partagée, vous pouvez tous vous mettre d’accord sur les ingrédients de base, la sauce et la pâte. Ensuite, chacun peut proposer ses idées pour les garnitures. Tout le monde peut voter pour les options qu’ils préfèrent, et vous pouvez trouver un compromis pour inclure les choix de tout le monde.
Cette stratégie fonctionne bien pour les groupes qui veulent prendre des décisions ensemble sans qu’une personne ou un petit groupe ait plus de pouvoir que les autres. Cette approche peut être utilisée dans différents contextes, y compris les entreprises, les organisations communautaires et les projets collaboratifs.
En quelques mots : une entreprise utilise un modèle de gouvernance partagée pour prendre des décisions collectives. Les employés ont une voix égale et chacun peut proposer des idées pour améliorer l’entreprise. Les décisions importantes sont prises en groupe
Voici quelques exemples de fonctionnement de gouvernance partagée :
- Les Coopératives : ce sont des organisations qui fonctionnent selon des principes de gouvernance partagée, où chaque membre a une voix égale dans les décisions importantes. Les coopératives peuvent prendre de nombreuses formes, notamment des coopératives d’agriculteurs, de consommateurs ou de travailleurs.
- Les Organisations communautaires : Les organisations communautaires telles que les associations de quartier, les groupes de défense des droits et les organisations environnementales fonctionnent souvent selon des principes de gouvernance partagée, où tous les membres ont une voix dans la prise de décision.
- Projets de développement communautaire : Les projets de développement communautaire impliquent souvent la participation de plusieurs parties prenantes, notamment les résidents locaux, les organisations communautaires et les autorités locales. Les décisions importantes sont prises conjointement, en tenant compte des points de vue et des besoins de toutes les parties prenantes.
- Entreprises sociales : Les entreprises sociales sont des entreprises qui ont un objectif social ou environnemental et qui sont souvent gérées selon des principes de gouvernance partagée. Les employés, les clients et les parties prenantes communautaires peuvent tous avoir une voix égale dans la prise de décision.
- Gouvernance locale : Certaines villes et municipalités ont adopté des processus de gouvernance partagée pour impliquer les citoyens dans la prise de décision locale. Par exemple, des conseils de quartier ou des comités de développement peuvent être créés pour donner aux citoyens une voix dans les décisions importantes.
Quelles sont les limites de ce système ?
Dans les systèmes autoritaires ou les structures hiérarchiques rigides, la gouvernance partagée peut être difficile à mettre en œuvre, car elle remet en question les modes de prise de décision établis. Cependant, dans les environnements où la collaboration et l’inclusivité sont valorisées, la gouvernance partagée peut être un mode de gouvernance efficace et productif.
Il est important de noter que ce système de décision n’est pas nécessairement approprié pour toutes les situations. Par exemple, dans les situations d’urgence ou les crises, des décisions rapides et un leadership fort peuvent être nécessaires pour assurer la sécurité et la stabilité. Dans ce cas, une approche de gouvernance plus directive peut être plus appropriée.
La question de la taille de l’entreprise se pose également, comment pourrait-on travailler en gouvernance partagée à différents niveaux sans impacter le fonctionnement global ?
En fin de compte, la faisabilité de la gouvernance partagée dépend de nombreux facteurs, notamment la culture organisationnelle, les valeurs et les structures en place, ainsi que la capacité des parties prenantes à collaborer et à travailler ensemble pour atteindre des objectifs communs.